ACCUEIL / SOMMAIRE / DERAWTISATION ET MODE 16BITS

déRAWtisation et mode 16bits


Nous avions déjà parlé du mode 16bits/couches en introduction. Et je vous avais alors dis que je considérai ce mode vital pour toute pratique sérieuse de la photographie. Pour cela, nous allons déjà nous attarder sur ce qu'est (et sur ce que n'est pas) ce fameux mode.


Déjà, faisons un petit rappel sur la manière dont une couleur est définie en numérique : comme les écrans émettent de la lumière, le principe utilisé est la Synthèse Additive (article Wikipedia), on vient additionner trois couleurs primaires que sont le Rouge, le Vert et le Bleu (le fameux RVB, et RGB en anglais) pour obtenir les diverses nuances de couleurs.

Si vous avez un peu pris le temps de regarder le nuancier de photoshop, vous avez sans doute déjà vu que chaque couleur est définie par décomposition en ses trois couleurs, sur des valeurs allant de 0 à 255. Je ne vais pas vous faire un cours d'informatique, mais sachez que 256 valeurs ca correspond a un codage sur 8bits.
Du fait, vu que nous avons 256*256*256 nuances de couleurs différentes, on obtient donc les fameuses 16 millions de couleurs disponible en informatique.

Alors ca fait déjà pas mal de nuances disponibles, et c'est ce qui nous permet d'avoir des photos en Jpeg (et donc aussi des tirages) de bonne qualité au niveau des couleurs.

Ceci dit, il faut savoir que nos appareils photos permettent de capturer bien plus de nuances de couleurs : en effet, ceux ci peuvent capturer de la couleur sur 12bits/couche voir même 14bits/couche ! C'est à cela que sert le fameux "RAW" proposé par nos APNs.

Alors la question que l'on se pose immédiatement, étant donné que le Jpeg (donc le format de la photo "fini" et présentable sur le net, au photographe pour tirage et autres) ne propose de toutes manières que 8bits/couche, c'est qu'elle en est l'intérêt ?

En fait, il faut comprendre que lorsqu'on travaille sur un fichier, on vient modifier des nuances, des dégradés. Et en un sens, c'est comme si lorsqu'on travaillait sur un fichier, on consommait de son "potentiel couleur", un potentiel qui n'est pas infini, et qui après un certain nombre d'opération viens à saturer. (Comme l'on peux en voir une illustration ici).

Donc en fait, disposer de plus de couleurs, même si cela ne change rien sur l'affichage (nos écrans n'affichent pas plus que 8bits/couche), nous donne d'avantages de libertés lors du post-traitement.
Je vous conseille donc vivement de faire vos photos en RAW, et de systématiquement travailler en 16bits/couche, pour ne pas perdre une seule miette de vos clichés.


Donc, ça y est, je vous ai convaincu de faire de la photo en RAW, vous sortez tout enthousiaste faire 2-3 clichés en RAW, vous rapatriez les photos sur votre ordinateur... et là, surprise, vous avez de drôles de fichiers en .CR2, .NEF ou autre (en fonction de votre marque), qui ne s'ouvrent pas comme une véritable image sur votre OS..

Alors avant que vous ne m'étripiez complètement, sachez que le RAW nécessite en effet d'être ouvert d'une certaine manière pour être exploitable : c'est une opération que j'appelle généralement "déRAWtisation". Et nous allons voir ensemble comment la faire, vous voyez, ce n'était pas la peine de s'énerver.

Différents outils de déRAWtisation existent sur le marché, des plus simples comme le Plug-In CameraRAW de Photoshop à l'outil complet comme LightRoom et Aperture. Dans notre cas nous allons utiliser CameraRAW, mais il me semble évident que cet outil deviens très rapidement trop simpliste pour traiter des séries complètes de photos, je vous conseillerai alors de vous tourner vers Lightroom, Aperture, ou même le logiciel de votre constructeur.

Enfin trêve de blabla ! Prenons un fichier RAW, et ouvrons le dans Photoshop !
CameraRAW s'ouvre et on obtient cela :



Je vous ai proposé volontairement une photo sous-exposé afin qu'on puisse déjà y faire quelques opérations.

Mais avant de commencer, nous allons paramétrer CameraRAW pour qu'il nous donner le fichier que nous voulons, en effet par défaut celui ci est paramétré en AdobeRVB et en 8bits/couche. C'est visible sur le lien en bas de la fenêtre, et nous allons changer cela en cliquant sur le lien lui même, on obtient cette fenêtre, passez alors les valeurs à "sRVB" et "16bits" :



Ceci fait nous pouvons changer quelques paramètres comme l'exposition :



Nous pouvons aussi changer la Balance des Blancs en changeant le paramètre "Température".

En fait c'est l'un des nombreux avantages à photographier en RAW : vous n'avez plus besoin de vous préoccuper de la BdB ! Vous la ferez en post-traitement.

Personnellement, quand je déRAWtise, je ne retouche que l'exposition et la BdB. Vous êtes libres de faire plus d'opérations, mais entre nous, les autres seront faisables aussi sur Photoshop et de manière plus aisée, alors je vous conseille de vous en tenir là et d'ouvrir le fichier.

Une fois cette photo ouverte, nous pouvons faire diverses opérations, et enfin, il va nous falloir l'enregistrer en Jpeg. Pour cela nous allons repasser la photo en mode 8bits/couche :



Et nous pouvons alors la sauvegarder en jpeg comme un fichier normal.

Notez toutefois que CS5 propose désormais de sauvegarder en JPEG, même quand le fichier est encore en 16bits/couche. Ce n'est qu'une aide pour diminuer le nombre d'opérations à faire, mais ne vous y trompez pas : le JPEG ne sera jamais qu'un fichier en 8bits/couche.


Voilà pour cette opération de déRAWtisation, importante car c'est la qualité de vos fichiers de base qui vous permettrons de faire le plus d'opération sur une image, et de faire du bon travail.

Chapitre précédent - SOMMAIRE - Chapitre suivant